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Démarches administratives pour déscolariser

Pour l’enseignement primaire il faut se référer aux articles 18 et 21 de la loi du 6 février 2009.

Art. 18. ... Les parents qui entendent donner l’enseignement à leur enfant à domicile font une déclaration à la commune.
Art. 21
Les parents qui entendent faire donner à leur enfant l’enseignement à domicile doivent indiquer leurs motifs dans leur demande et solliciter l’autorisation auprès de l’inspecteur d’arrondissement…
La liste des inspecteurs de l’enseignement fondamental est disponible sur le site de l’éducation nationale sur le lien suivant :
Liste des Inspecteurs

Pour l’enseignement secondaire (scolarisation à partir de 12 ans au 1er Septembre), il faut soit faire une demande au Ministère de l’Education car il a la charge directe de l’enseignement secondaire et qui en principe ne devrait légalement pas pouvoir refuser ou bien il faut fournir un certificat de scolarité obtenu lors de l'inscription à un cours par correspondance à sa commune. Aucune inspection n’est prévue par la loi.

Loi scolaire http://www.legilux.public.lu/leg/textescoordonnes/compilation/code_education_nationale/
Plan d'études http://www.men.public.lu/catalogue-publications/themes-transversaux/cen/cens/plan-etudes/fr.pdf

 

Peut-on déscolariser en cours d’année ?

Comme le stipule la loi du 29.08.1953, l’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.
Nous n’avons rien trouvé dans la loi stipulant qu’une déscolarisation en cours d’année n’est pas permise et ce serait en contradiction avec la loi sus mentionnée. Par ailleurs nous connaissons des familles ayant déscolarisé en cours d’année.

Comment se passe l’instruction en famille ?

L’enseignement à domicile doit viser l’acquisition des socles de compétences définis par le plan d’études.
En pratique chaque famille instruit selon ses propres convictions et compétences.
En général, les parents assurent eux-mêmes l’instruction de leur enfant en s’adaptant à la personnalité de l’enfant qu’ils connaissent normalement bien. Ils suivent des méthodes particulières ou instruisent en s’inspirant des événements quotidiens. Bien souvent, les parents commencent par faire l’école à la maison de manière assez formelle et finissent par pratiquer l’instruction par des apprentissages plus informels qui s’avèrent tout aussi efficaces ou bien trouvent une pratique entre les deux en s’adaptant à l’enfant et à ses particularités et intérêts.
Certaines familles délèguent l’instruction en partie ou complètement (plus rare) à des professeurs externes selon leurs revenus, disponibilité et compétences.
Très souvent à Luxembourg à la demande des inspecteurs ou de leur propre chef, les parents optent pour des cours par correspondance. Selon la loi du 06.02.2009, ce n’est toutefois pas une obligation.
Selon l’art.21 (enseignement fondamental/primaire) : … Dans des circonstances dûment justifiées, notamment -
c'est à dire par exemple - si les parents entendent faire donner à leur enfant un enseignement à distance, l’inspecteur d’arrondissement peut accorder une dispense d’enseignement de l’une ou de l’autre matière prévue à l’article 7. L’enseignement à domicile est soumis au contrôle de l’inspecteur. S’il est constaté que l’enseignement dispensé ne répond pas aux critères définis ci-dessus, l’élève est inscrit d’office à l’école de sa commune de résidence. Il en sera de même en cas de refus opposé à l’inspecteur de procéder au contrôle.
Au final, tout va dépendre de l’appréciation de l’inspecteur mais tout est discutable et idéalement il faut pouvoir trouver un terrain d’entente plutôt que de discorde avec lui. C’est là que la liberté d’instruction trouve ses limites à Luxembourg mais aussi dans bien d’autres pays.

Quels cours par correspondance peut-on suivre ?

A la lecture de l’article 21, nous comprenons donc que le suivi de cours par correspondance en français ou allemand est possible, dans la mesure où la plupart des matières de l’article 7 sont reprises. Pour les anglophones, il est possible que certains cours anglais soient acceptés selon la situation particulière de la famille et selon l’inspecteur.
Voici quelques sites à titre d’exemple, en cas de refus par l’inspecteur, dans la mesure où ces cours respectent les critères de la loi, ce sera discutable.
En français : CNED, Hattemer, Legendre, Vallais, EAD , Sainte-Anne, PI, Cours Académiques, KerLann …
En allemand : Clonlara, ILS.de, …
En anglais : Clonlara, West River Academy, …

Peut-on re-scolariser après une déscolarisation ?

Rien ne s’y oppose à notre connaissance. Beaucoup d’enfants qui n’ont jamais été scolarisés veulent un jour ou l’autre faire cette expérience, ou bien pour d’autres raisons y sont contraints. Nous ne connaissons pas d’enfant pour qui cela ait posé un problème tant en terme d’adaptation au rythme scolaire que du point de vue des compétences de l’enfant, voire de l’adolescent.

Comment se passe la reconnaissance des années d’instruction voire l’obtention de diplômes ?

Bien qu’il y ait toujours des solutions pour rattraper un cursus, elles peuvent être plus fastidieuses. Ainsi c’est un point important qui peut être discuté avec l’inspecteur. En France, par exemple il est possible de passer le bac en candidat libre, mais les épreuves sont plus dures. Aussi certains enfants passent le baccalauréat en réintégrant un lycée l’année du diplôme. En cas de suivi de cours par correspondance, ce problème sera également évité. Certains adolescents rejoignent le lycée pour avoir un dossier scolaire demandé dans certaines écoles après le baccalauréat, en France notamment.
Mais gardons à l’esprit qu’au bout du compte, ce qui compte vraiment ce ne sont pas tant les diplômes que les compétences.

Combien d’enfants sont déscolarisés à Luxembourg ?

Selon une Question ministérielle de 2011, il y en avait alors une vingtaine. En 2016, il y avait 50 enfants déscolarisés dans l'enseignement fondamental et aucun chiffre disponible officiellement pour le secondaire, soit environ 1 enfant pour mille en primaire. A titre de comparaison, aux USA dans le pays où il y a le plus de non-scos, ce nombre atteint entre 1.5 et 2 millions de personnes soit plus de 3% de la population scolaire.
La tendance est à la croissance mais ce choix reste très marginal. Peu de parents veulent ou se sentent capables de prendre la responsabilité de l’instruction de leur enfant à leur charge.

Socialisation des enfants non scolarisés

L’essentiel est dit dans cet article sur Wikipedia
Une crainte fréquente – crainte plus fréquente au sein du grand public que chez les parents qui pratiquent l'éducation à la maison – serait l'isolement potentiel subi par les enfants privés des contacts avec d'autres enfants scolarisés. Les associations de promotion de l'école à la maison évoquent toutes le sujet sur leurs sites Web. Beaucoup de parents fuient précisément cette « socialisation » faite de conformisme, de pression sociale exercée par les autres enfants scolarisés, de brimades et de mauvaises influences.
Pour la plupart des partisans de l'école à la maison, leur choix améliore en fait le développement social de leurs enfants. En effet, pour ceux-ci, les années passées dans un établissement sont les seules durant lesquelles les écoliers seront séparés artificiellement en groupes cloisonnés de même âge (par efficacité économique et non souci de qualité). Ces partisans affirment que les enfants éduqués à la maison vivent une socialisation plus saine et plus naturelle, car ils interagissent plus avec des personnes de tout âge. Ceci conduit à une influence accrue des adultes et une moindre de la part des autres enfants, ce qui produit de jeunes citoyens plus mûrs.
Aux États-Unis et au Royaume-Uni, un certain nombre d'études, souvent financées par des organisations de promotion de l'école à la maison, tentent d'évaluer les conséquences de la scolarisation à la maison sur la « sociabilité » des enfants. Les résultats sont en général extrêmement positifs (études de Larry Shynes & alt.).
Certains auteurs, comme Robert Epstein, ex-rédacteur en chef de Psychology Today, considèrent que le prolongement de la scolarisation obligatoire et le fait de « parquer » les adolescents entre eux les infantilisent, alors que l'enseignement personnalisé en contact plus rapproché avec des adultes, comme l'instruction à la maison, permet une maturation plus rapide et d'éviter la crise de l'adolescence. Crise qui est en grande partie une conséquence de cette longue scolarité obligatoire pendant laquelle les adolescents sont traités comme des enfants et n'ont comme modèles et compagnons que d'autres adolescents.

Dans son livre récent paru chez Broché « L'école à la maison au Québec : Un projet familial, social et démocratique », la chercheuse Christine Brabant fait également le point sur de nombreuses études à ce sujet avec beaucoup d’objectivité.

A en croire
l’étude indépendante de Kunzmann et Gaither de 2013 ici, la socialisation que l’on considère souvent comme un point faible de la non-scolarisation est en fait plutôt un des domaines où les homeschoolers sont plutôt forts. Vous pouvez écouter le témoignage de Deirdre Bergeron dans la rubrique <Mieux connaître l'IEF> de ce site pour en avoir un exemple.

 

Liens utiles

http://www.lesenfantsdabord.org/ (association française)
http://laia.asso.free.fr/(association française)
http://apprendre-en-famille.be/(association belge)
http://www.eduqualis.be/(association belge)
https://schulfrei-community.de/
(site international)
http://www.tenhe.eu/(site international)
http://www.education-authentique.org/ (site de Jean-Pierre Lepri)
http://icher.org/ (International Center for Home Education Research)
http://education3.canalblog.com/ (unschooling à l’école, le blog de Bernard Collot)